Faut-il parler d’une affaire dont nous ne savons presque rien, à part ce que les médias en disent ?
Sur le moment, cela peut sembler vain. Déplacé, peut-être ?
La mise en examen de Patrick #Bruel et toutes les autres affaires juridiques de personnalités publiques ne parlent jamais uniquement de l’accusé. En fait, elles parlent du silence.
Des personnes savaient. Elles n’ont rien dit.
D’autres ont glissé aux jeunes femmes : « Évitez de vous retrouver seule avec lui. »
Une demi-parole. Un avertissement qui protège un peu, sans nommer, qui prévient sans jamais accuser.
Comment distinguer la prudence qui protège du silence qui couvre ?
C’est là que tout se joue. Dans la parole retenue.
Qu’est-ce qui vous fait, parfois, choisir le silence alors qu’une part de vous voudrait parler ?
Dans presque toutes les situations d’agression, de domination, la victime reçoit le même ordre implicite : tais-toi.
L’agresseur minimise, déni. La honte fait le reste.
Et quand l’agresseur appartient à la famille, le silence devient un pacte. Un secret tenu à plusieurs.
Pourquoi la honte change-t-elle si rarement de camp ?
Est -ce un manque de courage ? Pas forcément, c’est un système.
En entreprise, dans les milieux artistiques, religieux, politiques, les affaires qui éclatent les unes après les autres révèlent toujours la même chose : une omerta qui a tenu des années.
Regarder autrement, c’est aussi regarder ce que nous préférons ne pas voir.
Qu’est-ce qui permet, un jour, de rompre un silence que tout le monde protégeait ?
Nathalie Lourdel
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